Un mot, une phrase, une allusion… m’ont fait penser à toi !
J’ai replongé loin dans ma mémoire…
Loin mais pas si loin…
Ça fait déjà si longtemps et pourtant il me semble que c’était hier.
Je me souviens de la dernière fois que je t’ai vu, de ce si court moment passé avec toi…
Si c’était à refaire, je prendrai le temps de te serrer la main, de te dire que je t’aime, de te prendre dans mes bras et de te dire tout ce que tu m’as apporté, tout cet amour que j’éprouve pour toi malgré ton absence de ces 8 dernières années.
Je prendrai le temps de te regarder une dernière fois, de scruter ton visage, ton regard, tes traits pour ne jamais les oublier…
Mais je sais que je n’oublierai jamais, je ne t’oublierai jamais…
J’arrive encore à entendre le son de ta voix, même s’il s’éloigne un peu à chaque jour qui passe.

Que s’est il passé dans ta tête ce jour là ?
Savais tu que tu me voyais pour la dernière fois ?
Je crois que tu l’as senti…
Cette main que tu as levé alors que tu me tournais le dos me faisant ton dernier au revoir alors que j’étais sensée être partie.
Je sais que tu m’as sentie ici sur le pas de la porte de ta chambre, que tu as su que j’étais là, que je te regardais…
Et quelque part, je sais qu’au fond de moi, je sentais aussi que c’était la dernière fois que je te voyais…
Ce qu’il y avait entre nous était unique et je sais que nous étions, d’une certaine façon en symbiose…

Je t’ai sentie fermer les yeux pour toujours quelques jours plus tard, sentie si fort que je pleurais avant même de l’apprendre.
Je sais que nous étions très fortement liés…

Je t’ai fais manger ce jour là… Tu n’arrivais plus à t’alimenter tout seul tellement la maladie d’avait grignoté tout doucement. Tu tremblais tellement qu’aucun aliment ne pouvait atteindre ta bouche et tombait sur toi avant même que tu ai pu manger quoi que ce soit.
Je suis venue m’occuper de toi, te faire manger, essuyer ta bouche parce que la soupe coulait le long de tes lèvres. Tu ressemblais tellement à un enfant, fragile, si maigre, ouvrant sagement la bouche et avalant les aliments que je te donnais.
Qu’avais-tu dans la tête ?
A quoi pensais-tu à ce moment là ?
Y avait-il de la honte de te faire nourrir ?
De la reconnaissance que je sois là pour toi quand tu en avais tant besoin ?
A quoi peut-on bien penser lorsqu’on se sent partir ?
Lorsqu’on sent que plus rien jamais ne sera comme avant ?
Lorsqu’on se dit que peut être c’est la dernière fois qu’on voit la personne qu’on aime, qui est à côté de soi ?
Nous avons parlé ce jour là, je t’ai dis que je voulais un troisième enfant, tu avais l’air content, tu avais l’air si fier de moi…
Peut être es tu le seul qui ne l’ai jamais sincèrement été…
Je sais à quel point tu m’aimais et tu dois savoir à quel point je t’aime aussi.

Ton absence de ces 8 dernières années n’a absolument rien changé, tu es toujours au fond de mon cœur, toujours dans mes pensées…
J’aimerai tant te voir, pouvoir te parler, te faire un câlin, t’embrasser tendrement…
M’assoir sur tes genoux comme lorsque j’étais enfant et danser dans la cuisine sous les regards tendres et les rires de Mamie.

J’aimerai que tu me prennes encore une fois la main pour m’amener au jardin cueillir les cerises et les fraises rouges gourmandes.

Mais tu n’es plus là et je sais que je ne te reverrai jamais… Je ne sais pas si tu me vois de là ou tu es, mais j’aimerai tellement que ça soit vrai… J’aimerai pouvoir te voir, même si c’est que dans mes rêves.
J’aimerai être de ces voyantes qui arrivent à parler avec les gens de l’au-delà, te raconter ma vie, elle n’est pas brillante tu sais depuis que tu es parti…
Je ne sais pas si je serai plus heureuse si tu étais encore là et je ne le saurai jamais, mais ce qui est sur, c’est que j’ai perdu mes illusions d’enfant, mes rêves de petite fille et que je donnerai cher pour les retrouver, assise sur tes genoux dans tes bras protecteurs avec tes rires mêlés aux miens lorsque nous jouions au vieux cheval…

Tu me manques et je ne t’ai pas oublié, je ne t’oublierai jamais…
Je ne viens pas souvent te « voir » mais tu ne quittes jamais mon cœur, mes pensées et mon amour pour toi n’a jamais disparut, ni même diminué.

Mamie n’a plus jamais été la même depuis ton départ et je crois bien que moi non plus. Nous aurions toutes les deux tellement besoin de toi…

Un jour peut être nous retrouverons nous, peut être alors pourrai je à nouveau te prendre par la main et te dire à quel point tu as compté pour moi et à quel point je t’aime.

J’aimerai tellement que de la où tu es tu puisses lire ce que je suis en train de t’écrire, tu puisses sentir cet amour que j’ai pour toi…
J’aimerai tellement un signe de toi qui me ferait comprendre qu’à chacun de mes pas tu n’es jamais loin de moi…
Ça m’aiderait peut être à vivre un peu mieux cette vie dans ce monde ou parfois je me sens si mal.

Je t’aime.

Ta petite.